jeudi 2 novembre 2017

Champignons tout ronds et sans botte de pluie

     Cette année les mardelles tirent la langue, la sècheresse n'a pas permis aux constellations de champignons de parer de joyaux multicolores, les tapis de mousse des sous-bois. Je ne peux m'empêcher de calculer l'eau qui file au robinet, celle qui coule du pommeau de douche. Je m'inquiète depuis des mois de l'état de déshydratation des hérissons qui œuvrent au jardin. Je me soucie de la soif du sanglier et de la biche, de la soif et du manque d'eau de nos enfants, petits enfants. Je regarde le point du ciel d'où vient la pluie chaque jour, quand elle vient je me dis : "ouf, enfin", mais elle n'est guère abondante, ne fait pas enfler la rivière où cet été, même les poissons ont eu soif.
     Une année sans boue dans les chemins, sans crue dans le jardin. Les champignons font de leur mieux, ils sont rares mais les promeneurs ne les ont pas laissés tranquilles pour autant et tous ceux qui avaient le malheur de ne pas être comestibles ont péri sous les coups de bâton du connard qui n'en a rien à foutre de la biodiversité mais qui ne pense que par sa panse. Monsieur le cueilleur irrespectueux laissez vivre les champignons pas bons !
     Avec les survivants nous avons pris quelques photos, et même un selfie du côté lamelles. La planète change, le climat change et moi je vieillit, je me souviens du temps jadis où on entendait des bruits : "un jour il n'y aura plus d'eau", "il faut économiser l'eau" ! Ici au coeur du département des eaux vives, je me croyais à l'abri, les mardelles semblaient intouchables, mais force est de constater que seule la pluie qui vient du ciel restera maitresse de notre destin.
Je me suis demandé si ce n'est pas d'avoir trop peu lavé les carreaux... on dit que laver les carreaux fait pleuvoir, à tenter !















3 commentaires:

  1. Joli récit, merci!La sécheresse actuelle et le réchauffement climatique indéniable m'interpellent aussi. Cependant souvenons nous des inondations dramatiques du printemps 2016. Une année trop d'eau l'autre pas assez, difficile d'en tirer une conclusion.N'oublions pas que la quantité d'eau sur la terre reste toujours la même depuis la nuit des temps, elle se transforme, se répartit différemment d'une époque à l'autre , elle se transforme en pluie ou pas, mais elle est là...Pour les champignons comestibles si les girolles sont restées cachées,les cèpes ont été bien présents encore hier belle récolte aux mardelles

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